Un peu d'humour pour présenter au grand public un sujet complexe...
Pierre-Henri Gouyon - Biodiversité di lesernest_lemonde
lundi 14 juillet 2014
vendredi 13 juin 2014
lundi 5 mai 2014
Buffet d'insectes
Ce vendredi 02 mai 2014, nous avons eu la chance d’assister
à la soirée inaugurale du festival Insectopolis
de la faculté Agro-Bio
Tech de Gembloux se tenant cette année, et de participer à la dégustation d’insectes
organisée à l’issue de la conférence sur l’entomophagie.
Mais qu’est-ce que cette entomophagie ? Rien de moins que le fait de manger… des
insectes. Oui, oui, vous lisez bien : nous avons pu déguster des insectes.
« En voilà une idée ! » nous direz-vous. Et
pourquoi donc, en Europe, mangerions-nous des insectes ? Cela se fait dans
d’autres pays, dans d’autres cultures…
Mais pas ici ! Pas en Europe ! Pas en Belgique !
En fait, voilà déjà une première excellente raison de goûter
à l’entomophagie : l’ouverture aux autres, et à leurs cultures.
Mais au XXIème siècle, manger des insectes offre d’autres
perspectives que l’ouverture culturelle.
Pour commencer, la consommation d’insecte permettrait de
lutter contre la faim et la malnutrition, à fortiori lorsque nous atteindrons
les 9 milliards d’individus sur Terre. Encore aujourd’hui, plus de 800 million
de personnes, de par le monde, souffrent de malnutrition[1].
Nourrir 9 milliards de personnes, avec les modes de
production et de consommation actuels, nécessiterait de presque doubler la
quantité d’aliments produite[2]. Il semble difficile d’augmenter à l’infini
les surfaces de cultures ou d’élevage, ou de pêcher encore plus de poissons
dans des océans déjà soumis à la surpêche actuelle.
L’élevage d’insectes, par contre, ne nécessite ni autant de
place pour leur reproduction et leur croissance, ni autant d’aliments végétaux,
et donc autant de surface de culture végétales. Par exemple, pour produire un
kilogramme de masse corporelle, les insectes demanderont jusqu’à 4 fois moins
de nourriture que les bovins[3].
Ils sont pourtant très nutritifs, offrent un taux élevé de protéines, et des
taux de minéraux et de vitamines tels que 50 à 100 grammes d’insectes
couvriraient, de manière générale, 100% des apports journaliers recommandés[4].
Les insectes peuvent donc remplacer une partie de la viande nécessaire, tant en
situation d’urgence, que dans nos habitudes alimentaires.
De plus, la consommation d’insectes pourrait nous aider dans
la protection de notre environnement, et dans la lutte contre les changements
climatiques.
En effet, l’élevage d’insectes demande beaucoup moins d’eau
que l’élevage de bétails traditionnel ; certains insectes peuvent être
nourri avec des déchets organiques, et transformer ces déchets en protéines
pour l’alimentation des poules[5],
par exemple ; et enfin, l’élevage de la plupart des insectes produit
nettement moins de gaz à effet de serre que l’élevage du bétail conventionnel[6].
Pour finir, il serait possible de réaliser des élevages de
petites dimensions familiales, ce qui permettrait d’avoir un accès local à
cette ressource[7].
Les insectes semblent donc avoir un potentiel alimentaire
assez intéressant. Attention cependant : il ne s’agit surtout pas de se
rendre au jardin et de ramasser une poignée de « petites bêtes » pour
le souper. Vous auriez toutes les chances de vous retrouver au service des
urgences médicales pour empoisonnement !
Tous les insectes ne sont pas comestibles…
En l’état actuel, l’AFSCA, l’Agence Fédérale pour la
Sécurité de la Chaîne Alimentaire, en Belgique, tolère la vente de quelques
insectes. Voici ce qu’il est possible de trouver sur leur site, à
ce sujet :
« (…) La mise sur le marché des espèces reprises dans
le tableau ci-dessous est tolérée à condition que les prescriptions relatives à
la sécurité alimentaire soient respectées. Cette liste a été établie à
l’occasion d’un tour de table de la Commission européenne en 2011 et est
le reflet des espèces d’insectes qui sont disponibles en Belgique pour la
consommation humaine. (…)
Grillon domestique
|
Acheta domesticus
|
Criquet migrateur africain
|
Locusta migratoria migratorioides
|
Ver de farine géant
|
Zophobas atratus morio
|
Ver de farine
|
Tenebrio molitor
|
Ver Buffalo
|
Alphitobius diaperinus
|
Chenille de la fausse teigne
|
Galleria mellonella
|
Criquet pèlerin d’Amérique
|
Schistocerca americana gregaria
|
Grillon à ailes courtes
|
Gryllodes sigillatus
|
Chenille de la petite fausse teigne
|
Achroia grisella
|
Chenille du bombyx
|
Bombyx mori
|
Pour la mise sur le marché de ces espèces les règles
générales de la législation alimentaire sont en vigueur, en particulier et
entre autre l’application de bonnes pratiques d’hygiène, la traçabilité, la
notification obligatoire, l’étiquetage et la mise en place d’un système
d’autocontrôle basé sur les principes du HACCP. (…) »[8]
OK… Nous voilà convaincu du potentiel de l’entomophagie, et
prévenus des risques. Mais finalement,
est-ce bon, les insectes ? Et
comment les présenter à table ?
Nous vous laissons découvrir cela en image…
[1]
Statistiques de la FAO, consultées en ligne le 05 mai 2014 : http://faostat3.fao.org/faostat-gateway/go/to/home/F
[2] FAO, Edible insects, 2013, http://www.fao.org/docrep/018/i3253e/i3253e.pdf
[5] FAO, Edible insects, 2013, op cit
[8]
AFSCA, Mise sur le
marché d’insectes et de denrées à base d’insectes pour la consommation humaine,
dernière consultation le 05/05/2014
vendredi 4 avril 2014
AR5 Working Group II
Nous serons donc tous touchés, et nous le sommes déjà... Mais nous pouvons tous agir!
(Résumé à l'attention des décideurs, en anglais)
mercredi 5 février 2014
Nos amis les batraciens
Ce mardi 04 février 2014, surlendemain de la Journée
mondiale des zones humides, l’Extension
ULB de Jodoigne accueillait le Professeur Christiane Percsy-Lefèvre, ainsi
que Monsieur Hervé Paques, de Natagora,
pour nous parler de certains locataires de nos étangs et plans d’eau : les
batraciens.
| Le Professeur Christiane Percsy-Lefèvre et Monsieur Hervé Paques |
Le Professeur Percsy-Lefèvre nous a présenté les batraciens.
Dans la classification
phylogénétique, le superordre des Batraciens appartient à la sous-classe
des Lissamphibiens, qui elle-même appartient à la classe des Amphibiens. Hé oui : lorsque le langage courant
utilise le terme « amphibien » à la place de celui de
« batracien », il commet une petite erreur de classification du
vivant.
Le superordre des batraciens, lui-même, se divise en l’ordre des anoures, et en celui
des urodèles.
Les Anoures n’ont pas de queue à l’âge adulte, nous
gratifient de leurs chants, et leurs larves
sont des têtards. Ce sont les
grenouilles et crapauds, les premières n’étant pas les femelles des seconds.
Les Urodèles, au contraire, possèdent une queue à l’âge
adulte, ne chantent pas, et leurs larves sont forts similaires aux adultes. Ce
sont les tritons et salamandres.
Nous avons pu découvrir, en photos et en audio, différentes
espèces, telle la grenouille
rousse, la grenouille
verte, le crapaud
commun, le crapaud
calamite, le crapaud
accoucheur, le sonneur
à ventre jaune, la salamandre
terrestre, le triton
palmé, le triton
alpestre, le triton
ponctué et le triton
crêté.
Les batraciens de nos régions sont menacés par plusieurs
phénomènes : la destruction, la modification et la fragmentation de leurs
habitats, la pollution, l’introduction d’espèces étrangères, les maladies, le réchauffement
climatique et les destructions directes comme les morts sur nos routes.
Certains prétendront que des grenouilles et des crapauds, il
y en a chaque année des centaines si pas des milliers sur les routes, et que,
donc, on pourrait se demander pourquoi les protéger.
Tachons de répondre à cette question. En dehors de l’aspect
éthique de la « simple » protection de notre environnement et de
toute vie, on peut, par exemple, répondre que, faisant partie de l’écosystème,
les batraciens y ont un rôle à jouer. Même si ce rôle peut sembler, à première
vue, se limiter à leur importance dans
la chaîne alimentaire, n’est-ce déjà pas suffisant que pour les protéger ?
Et pour ceux qui voudraient un exemple de ce que les batraciens
pourraient apporter à notre propre espèce, qu’ils sachent qu’une grenouille
actuellement disparue, Rheobatrachus Silus,
aurait pu nous permettre de trouver un
remède contre les ulcères gastriques. En effet, la gestation des petits de
cette grenouille se faisait dans l’estomac de la mère. Celle-ci sécrétait une
ou plusieurs substances pour inhiber l’acidité de son estomac afin de permettre
le développement du petit à naître.[1]
![]() |
Southern Gastric Brooding Frog (Rheobatrachus Silus).
Tapdole being delivered from mother’s stomach.
(© Michael J. Tyler.)[2]
|
Reste à savoir ce que nous, simples citoyens, pouvons faire pour
aider à la préservation des batraciens.
Monsieur Hervé Paques nous a apporté quelques réponses. Nous
pouvons, bien sûr, participer aux actions organisées pour aider les batraciens
à traverser nos routes ; nous pouvons faire attention à rouler à une
vitesse inférieure à 30 km/h sur les tronçons signalés lors des migrations des
batraciens, tant pour ne pas blesser les personnes qui aident ces animaux à
traverser nos routes, que simplement pour ne pas aspirer ces petites bêtes dans
les flux d’air produits par nos voitures roulant à plus de 30km/h, ce qui leur
est fatal ; et nous pouvons aussi installer une mare dans nos jardins,
afin d’y accueillir une plus grande biodiversité, dont des batraciens.
Terminons par une petite vidéo recommandée par Monsieur H. Paques :
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