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dimanche 29 septembre 2024

Les animaux de la Pico-Ferme (2024)

 En général, lorsqu'on parle de ferme, on pense tout de suite aux animaux de ferme

Comme expliqué dans un article datant de quelques années, nous avions des chèvres, des poules, un coq, des chats et un chien


Concernant les chèvres, malheureusement, nous avons dû les confier aux bons soins de l'association Animaux en Péril. Nous étions parfaitement en ordre avec le Règlement européen concernant l'élevage biologique de caprins, mais cela n'a pas empêché des calomnies pour maltraitance animale auprès de l'AFSCA. J'avoue avoir été surprise de leur venue, mais dès qu'ils ont vu comment nos chouchoux étaient traités, ils ont rédigé un rapport en notre faveur, y incluant même qu'ils s'étaient déplacés sur base d'une plainte, et m'enjoignant de filer à la police dès leur départ pour, à mon tour déposer plainte pour calomnie. Je sais qu'on dit beaucoup de mal des visites des vétérinaires de l'AFSCA, mais je peux vous assurer que dès qu'ils ont pu constater que nos chèvres étaient correctement traitées, l'atmosphère s'est tout de suite détendue. Malheureusement, ma plainte n'a pas abouti, et nous avons dû faire face à deux empoisonnements. De plus, alors que je profitais de la terrasse un beau jour d'été, avec un bon livre, j'ai entendu notre voisin s'exclamer que s'il n'y avait pas d'autres solutions pour faire partir les chèvres, les empoisonnements continueraient. Il était donc urgent de mettre nos chouchoux à l'abri. Je ne peux que remercier Animaux en Péril pour leur aide et la prise en charge de nos chouchoux. Ceux-ci ont, depuis, été adoptés, et ont pu finir leurs vieux jours dans des familles aimantes. Pour ma part, j'en fais encore des cauchemars

Mamour, notre premier coq, est mort de vieillesse. Rerank, un jeune coq que nous avions récupéré d'une ferme, a pris sa place. Malheureusement, même Rerank semblait déranger les voisins. Il a trouvé refuge chez une dame qui venait de perdre son coq et qui en cherchait un autre. Je pense qu'il a eu une belle vie

Par contre, moi, je ne comprends toujours pas. Pendant cinq années de bonheur, les voisins étaient contents de pouvoir montrer les poules et les chèvres à leurs petits enfants. Et puis, du jour au lendemain, les ennuis ont commencé. La méchanceté humaine est parfois sans limites ! 

Hippolyte et Gaby, eux, sont tous deux décédés dans leur sommeil. Gaby, probablement d'une crise cardiaque, et Hippolyte, d'un cancer foudroyant. Nous avions Hippolyte dans le lit, avec nous, pour lui apporter tout le réconfort que nous pouvions. Il est finalement décédé une petite heure avant l'arrivée du vétérinaire


Mais venons-en au présent. Nous avons maintenant quatre poules, des chats, et deux chiens, tous deux venant de chez Sans Collier, et se prénommant Kalia pour la malinoise, et Mélo pour l'alusky


Mélo et Kalia sur le canapé


lundi 26 juin 2023

DD 2.0: l'écologie

 Qu'est-ce que l'écologie ? Quelle est cette dernière pointe de l'Étoile du Nord de la Pico-Ferme ?

Une définition qui me plaît est celle du site "youmatter" et qui est la suivante :

 "L’écologie, au sens premier du terme, est une science dont l’objet est l’étude des interactions des êtres vivants (la biodiversité) avec leur environnement et entre eux au sein de cet environnement (l’ensemble étant désigné par le terme « écosystème »).

Par extension, l’écologie désigne également un courant de pensée (l’écologisme ou écologie politique) qui s’incarne dans diverses familles dont l’objectif commun est d’intégrer les enjeux environnementaux à l’organisation sociale, économique et politique." (https://youmatter.world/fr/definition/ecologie-definition/#:~:text=L'%C3%A9cologie%2C%20au%20sens%20premier,le%20terme%20%C2%AB%20%C3%A9cosyst%C3%A8me%20%C2%BB).


Si l'écologie est devenue affaire de politique, elle est avant-tout affaire de compréhension des interactions entre les populations, entre les individus et leur environnement. 

Et, là, tout se complique pour les humains que nous sommes. Contrairement à ce que certains voudraient croire, nous faisons partie intégrante de l'environnement dans lequel nous évoluons. La moindre de nos petites actions entre en interaction avec nos semblables et avec l'environnement qui nous entourent. Autrement dit, si nous voulons vraiment être écologiques au sens du mode de vie que cela représente, nous devons, avant tout, être écologiques au sens scientifique du terme.

Par exemple, avoir ses propres poules peut, à première vue, sembler très écologique : elles mangent nos déchets de légumes, et nous fournissent des œufs frais. Mais la nourriture que nous leur donnons et le foin que nous mettons à leur disposition sont-ils d'origine biologique ? Avoir un potager parait très bien et procure beaucoup de plaisir... Mais, utilisons-nous des intrants chimiques pour nos cultures ? Et pour les arbres fruitiers, quel genre de traitements utilisons-nous ?

Qu'en est-il de notre alimentation ? Est-elle fortement carnée ou plutôt végane ? les aliments sont-ils d'origine biologique ?

Nos vêtements, sont-ils écoresponsables ? S'il s'agit de vêtements issus de l'ultra fast fashion, vous pouvez imaginer l'impact sur notre planète et sur tous ses habitants, humains y compris

Quid du mode de chauffage de nos foyers, de toutes les facilités de la vie moderne, de nos moyens de déplacements, etc ?

On le voit, la question n'est pas simple


Permettez-moi de vous rassurer : à la Pico-Ferme, toutes ces questions sont posées à tout instant, pour le moindre de nos faits et gestes, c'est devenu une habitude. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous tâchons de tendre au maximum vers une empreinte écologique la plus neutre possible, voire, même, d'avoir une empreinte écologique favorable pour notre environnement

dimanche 25 décembre 2016

Des poules, oui mais...


Les œufs des poules que l’on possède semblent toujours meilleurs que ceux du commerce, même les œufs biologiques.

Avoir des poules peut donc s’avérer très attrayant. Ce d’autant plus qu’elles réduiront la quantité de déchets organiques dans les sacs poubelles puisqu’elles se régaleront de la plupart de ces déchets.

Seulement voilà, même si cela semble fou de déranger les gens pour un petit poulailler tel que ceux vendu dans le commerce, certaines personnes risque de porter plainte contre votre poulailler car il s’agit d’une installation fixe, et qui plus est d’un abri pour animaux. Ce qui en Wallonie est régit par le CWATUP

Rassurez-vous, normalement personne ne viendra vous ennuyer pour un petit abri pour deux ou trois poules. Mais, par expérience, nous savons que, parfois, des personnes mal intentionnées à votre égard peuvent chercher le moindre détail pour vous ennuyer.

Que faut-il faire, alors ?

Si vous le permettez, nous allons nous référer à ce fameux CWATUP, soit le Code Wallon De l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et  du Patrimoine

Celui-ci, en son article 84 stipule que :
«§ 1er. Nul ne peut, sans un permis d’urbanisme préalable écrit et exprès du collège des bourgmestre et échevins :
1° construire, ou utiliser un terrain pour le placement d’une ou plusieurs installations fixes ; par          « construire ou placer des installations fixes », on entend le fait d’ériger un bâtiment ou un ouvrage, ou de placer une installation, même en matériaux non durables, qui est incorporé au sol, ancré à celui-ci ou dont l’appui assure la stabilité, destiné à rester en place alors même qu’il peut être démonté ou déplacé,  
(…) »

Heureusement, dans ce même article 84 du CWATUP, mais au paragraphe 2, est précisé que :
« . Les dispositions du présent Code sont applicables aux actes et travaux non énumérés au paragraphe 1er lorsqu’un règlement d’urbanisme impose un permis pour leur exécution et pour autant qu’ils ne figurent pas sur la liste visée à l’alinéa 2.
 (Le Gouvernement arrête la liste des actes et travaux qui, en raison de leur minime importance :
 1° ne requièrent pas de permis d’urbanisme ;
2° ne requièrent pas le concours d’un architecte ;
3° ne requièrent pas l’avis préalable du fonctionnaire délégué ;
4° ne requièrent pas de permis d’urbanisme et requièrent une déclaration urbanistique préalable adressée par envoi au collège des bourgmestre  et échevins et dont le Gouvernement arrête les modalités et le contenu – Décret-programme du 3 février 2005, art. 66, al.2) .
(…)

Bien nous voilà donc à nous demander si nous n’aurions pas, chose paraissant totalement absurde, besoin d’un permis pour notre petit poulailler.

Heureusement, sous certaines conditions, cela ne requière qu’une déclaration urbanistique préalable.

Pour cela, nous devons nous référer à l’article 263, §1, 2°, c :
« § 1er. Pour autant qu'ils n'impliquent aucune dérogation à des dispositions légales, décrétales ou réglementaires et qu'ils ne nécessitent pas d'actes et travaux préparatoires soumis au permis d'urbanisme, ne requièrent pas de permis d'urbanisme et requièrent une déclaration urbanistique préalable les actes et travaux qui suivent :
(…)
2° Dans les cours et jardins, les actes et travaux qui suivent
(…)
c : les abris pour un ou des animaux, pour autant :
 - par propriété, que la superficie maximale soit de 15,00 m² et de 25,00 m² pour les colombiers ;
- qu'ils soient érigés à 3,00 m au moins des limites mitoyennes ;
- qu'ils soient érigés à 20,00 m au moins de toute habitation voisine ;
- que la hauteur ne dépasse pas 2,50 m à la corniche et 3,50 m au faîte, calculée par rapport au niveau naturel du sol ;
- que le matériau de parement des élévations soit le bois ou le grillage ou soient similaires aux matériaux du bâtiment principal existant ; »

On constatera donc que notre petit poulailler doit être à 20 mètre au moins de toute habitation voisine, et qu’il doit être à 3 mètre, au moins, des limites mitoyennes (les autres conditions ne semblant pas pertinentes pour un petit abri, pour quelques poules, acheté dans le commerce).

Vous pensez bien que lorsqu’on vit en ville, avec un petit jardin faisant 4 mètre de largeur, il est difficile de placer un poulailler à 3 mètres de toutes les limites mitoyennes.

Heureusement, notre jardin est assez grand que pour que le poulailler soit à plus de 20 mètres de toutes les habitations voisines.

Restait à résoudre le problème de l’implantation à au moins 3 mètres de toutes les limites mitoyennes.


Nous avons opté pour une solution à la fois simple et pratique.
Simple, car nous avons mis notre poulailler sur roues. Du coup, il ne s’agit plus d’une installation fixe ; pratique, car ces roues, et donc la possibilité pour moi de déplacer ce poulailler comme bon me semble, me permettent de nettoyer l’enclos, bouger le poulailler, nettoyer en dessous de ce poulailler, et le remettre en place. Il ne s’agit donc pas d’une installation fixe

Autre avantage, nous pouvons aussi le déplacer selon les saisons, afin de le mettre plus à l’ombre en été, et plus au soleil en hivers. Cela nous permet d’augmenter  un peu le confort de nos poules. 

Et enfin, pour ce confort des poules, nous avons pris un poulailler plus grand que nécessaire. En effet, nous avons 5 poules, et notre poulailler pourrait en accueillir 8 à 10.


Reste à savoir à quoi on s’engage en ayant des poules. Il ne suffit pas de les laisser dans leur enclos de plusieurs mètres carrés (plus ou moins 25 mètres carrés pour nos 5 poules) sans rien faire.

En effet, vous devrez nettoyer votre poulailler chaque jour, nourrir vos poules, au grain certes, mais aussi avec des friandises (déchets de fruits et légumes), changer leur eau, et pourquoi pas, leur faire des câlins.
Mais rassurez-vous, cela ne vous prendra que quelques minutes par jour, et, en contrepartie, vous vous régalerez des œufs que vous récupérerez.


Mais ne sont-elles pas bien, nos poulettes ?







mercredi 17 juillet 2013

Pourquoi la Pico Ferme?

Pourquoi  la Pico Ferme ? Ou, plus exactement, pourquoi, alors que nous vivons en ville, avec toutes les facilités que cela représente, et que nous sommes fort contents de pouvoir utiliser, ne serait-ce que pour les transports en commun, ou les loisirs, et bien entendu les courses, pourquoi donc vouloir produire soi-même la plus grande partie possible de son alimentation ?


Comme expliqué dans notre article « Première présentation », la réponse repose sur deux piliers :

1)  La volonté d’être le plus indépendant possible par rapport à un système d’approvisionnement qui est toujours susceptible de se rompre,

2)  Le désir de limiter au maximum notre empreinte écologique, et la prise de conscience que le mode de production alimentaire occidental classique participe fortement à la détérioration de notre environnement.


Hé oui ! Notre production alimentaire, notre modèle de « Révolution Verte », basé sur l’homogénéité végétale, ou le fait de cultiver des variétés végétales génétiquement uniformes, complété par les engrais et les herbicides, a malheureusement eu des effets extrêmement négatifs sur notre environnement.  Citons, par exemple, la dégradation des terres, le déboisement, la surexploitation des nappes aquifères, la pollution des eaux, les gaz à effet de serre, la perte de biodiversité …

De plus, même si la « Révolution Verte » a permis une augmentation spectaculaire de la quantité d’aliments produit, les pertes et gaspillage de ces aliments sont tels qu’au moins 1/3 de la production n’est pas consommée.[1]

Et ces pertes et gaspillages se retrouvent à tous les niveaux, tant au moment de la production, que de la transformation, que de la vente, et même au niveau du consommateur final.[2]

De plus, toutes les ressources naturelles qui ont été utilisées pour produire, transporter, transformer et conserver ce 1/3 des aliments ainsi gaspillés, ont été utilisées en vain, avec l’empreinte écologique que cela représente.

Face à ce constat, nous nous sommes posé la question « Que faire ? » Et la réponse fut trouvée aussitôt : produire nous-même un maximum de ce que nous mangeons, afin et d’être le plus indépendant possible, et de participer le moins possible aux dégradations causée à notre environnement par le mode de production alimentaire occidental.

Evidemment, la première idée consista à partir vivre à la campagne, pour avoir la possibilité d’avoir notre petite ferme, même si ce n’était que pour notre production et notre consommation personnelle, sans but commercial aucun.

Nous nous sommes vite rendu compte que cela poserait d’énormes difficultés, ne serait-ce que par rapport aux moyens de transport pour les trajets domicile-travail. Nous avions beau faire, il nous fallait directement 2 voitures.

Nous avons donc décidé de rester en ville. Après-tout, en Belgique, plus de 90% de la population est considérée comme urbaine[3], et dans le monde, plus de 50% de la population vit dans des villes[4]. Et cette proportion augmentera encore dans les années à venir[5]. Nous avons donc choisi de rester en milieu urbain, et de produire la plus grande part de notre alimentation dans le petit jardin de notre maison de ville.

Encore fallait-il savoir ce que nous pouvions faire ! Si un potager et quelques petits fruitiers ne semblent pas devoir être problématiques, pour les arbres, les poules et les chèvres, il se peut que des législations spécifiques existent.

Renseignements pris, nous avons la chance de n’avoir d’autres contraintes que certaines distances par rapport aux propriétés des voisins, le respect du bien-être des animaux (Oui, il s’agit de textes législatifs, et c’est  tant mieux !), et la possession d’un numéro de troupeau pour les chèvres.

Et nous voilà avec la Pico Ferme !

« Quid des résultats ? » nous demanderez-vous. Eh bien, reprenons…

Concernant la dégradation des sols, nous luttons contre ce problème grâce à notre compost. Nous avons suivi une formation de guide composteur, et la plupart des gens savent maintenant que la création et l’utilisation du compost permet de favoriser la régénération et la bonne santé des sols.

Concernant le déboisement, certes notre terrain est trop petit pour planter une forêt, mais nous plantons autant d’arbres que possible, et le bois d’œuvre utilisé est issu prioritairement de la récupération, et à défaut, de forêt gérées durablement.

Concernant l’exploitation des eaux souterraines, nous avons déjà installé des bidons de récupération d’eau de pluie, et nous espérons pouvoir, un jour, placer une citerne de 10m³. Ce qui signifiera : plus  de ponction dans les nappes aquifères pour le jardin.

Concernant la pollution des eaux, et concernant l’exploitation des ressources naturelles nécessaires à la fabrication des produits phytosanitaires, en fait, nous n’utilisons pas ces produits. En cas de nécessité, les décoctions de plantes de fabrication personnelle fonctionnent très bien, sans l’empreinte écologique des produits chimiques.

Concernant la biodiversité, nous utilisons des semences de variétés anciennes, le plus locales possible, et nous produisons nous-même une partie de nos graines. De plus, nous mettons en place diverses actions pour favoriser la biodiversité animale, telles que : jardin fleuri, hôtels à insectes, …

Concernant les gaz à effet de serre, lors de la production, du transport, de la transformation, et de la conservation des aliments, déjà nous n’utilisons pas d’engin motorisés, donc pas de pétrole, certainement pas pour transporter les récoltes sur les 30 mètres qui séparent la cuisine du fond du jardin ; nous cuisinons presque exclusivement au bois, et nous conservons principalement les aliments grâce à la stérilisation que nous effectuons, elle aussi,  au bois.

Et enfin, concernant le gaspillage d’aliments, à toutes étapes de la chaîne production – consommation,  nous pensons sincèrement que cela n’existe quasiment pas chez nous. En effet, même si quelques pertes sont toujours possibles,  ce qui est produit est consommé, si pas par nous, par les animaux, et, dans le pire des cas, ce qui n’est pas consommé, même par les animaux, est utilisé pour la fabrication du compost.  Certes, dans ce cas, ce n’est plus une consommation alimentaire, mais cela ne finit pas non plus dans les poubelles.

Et puis, à ces résultats pratiquo-pratiques, il est une autre dimension qu’il nous faut ajouter. C’est la dimension du plaisir de cultiver notre jardin, et de profiter d’une alimentation saine, produite par nos soins.


samedi 15 juin 2013

CCiv. art. 528

Ce mercredi 05 juin 2013, au matin,  en allant nourrir les chèvres et les poules, nous avons constaté que l’une de ces dernières, Blanche,  était ouverte sur le sommet du crâne.

Que s’était-il passé ? Et surtout, que faire ? Face à un animal blessé, le premier réflexe est, bien sûr, de faire appel à un vétérinaire. Seulement voilà : pour soigner une simple poule, il y a fort à parier que vous ne trouviez personne.

« Et pourquoi donc ? » nous demanderez-vous. Simplement à cause du statut des animaux dans nos sociétés. Hé oui… Les animaux sont considérés comme des biens meubles, rien de plus.

En Belgique, cela se retrouve dans l’article 528 de notre Code Civil :
« Sont meubles par leur nature, les corps qui peuvent se transporter d’un lieu à un autre, soit qu’ils se meuvent par eux-mêmes, comme les animaux, soit qu’ils ne puissent changer de place que par l’effet d’une force étrangère, comme les choses inanimées. » (CCiv. Art. 528)

Cette considération comme « biens meubles » a pour conséquence, entre autres, que les animaux sont bien souvent considérés principalement, si pas exclusivement, dans leur dimension économique. Du coup, s’il n’est pas économiquement rentable de soigner un animal blessé ou malade, et si personne ne confère à cet animal le droit d’être considéré autrement que pour les profits économiques et financiers qu’il représente, la pauvre bête est le plus souvent sacrifié sur l’autel du profit.

Heureusement pour Blanche, à la Pico Ferme, nous estimons que les animaux ont droit au respect de leur vie et de leur bien-être.

Après quelques recherches, une solution fut trouvée, et Blanche a été soignée. Ce 12 juin 2013, les points de suture ont été retirés, et Blanche fut autorisée à rejoindre ses congénères.

Et pour tous ceux qui seraient curieux de savoir combien cela nous a coûté, qu’ils sachent que le prix des soins apportés à Blanche est inférieur au prix d’une nouvelle poule. CQFD !



jeudi 2 mai 2013

Les animaux de la Pico Ferme



Lorsqu’on parle de ferme, tout le monde comprend, bien sûr, que l’on parle aussi d’animaux de ferme.

A la Pico Ferme, nous avons les poules et les chèvres, mais également les chats et le chien.


Les poules. 

Les poules nous fournissent des œufs frais printemps, été et automne durant.  Et même, mais un peu moins, pendant  l’hiver.

Imaginez le plaisir que nous éprouvons en ramassant les œufs du jour, et en en faisant une bonne omelette pour le souper, ou même un milkshake avec des fruits pour le goûter…

Bien sûr, il faut choisir  la race des poules en fonction des espérances : bonne pondeuse, bonne couveuse, belle à regarder, rustique, grande, petite, …

Il faut également tenir compte de l’espace à disposition, tant pour le choix du poulailler, que pour le nombre de poules à entretenir.


Si  l’on dispose d’un espace suffisamment grand, on peut offrir aux volailles de les élever en « libre parcours », soit les laisser vaquer librement à leurs occupations, sans clôtures. Le gros avantage en étant que les poules trouvent elles-mêmes la majeure partie de leur alimentation.[1]

Le parcours en semi-liberté sera plutôt  établi sur des surfaces moins grandes. Une bonne clôture, des coins d’ombres, de quoi s’ébattre et picorer à son aise, …. Dans ce mode d’élevage, il faut compter à peu près 20m² par poule[2].

Mais le gros avantage des poules, c’est qu’il est également possible d’en élever quelques-unes dans un petit jardin de ville. Le nombre en sera bien sûr réduit, pas question de surpopulation ! Mais tout de même, deux ou trois poules, cela produit encore des œufs… 


Dans l’un ou l’autre cas, un poulailler sera nécessaire, tant pour permettre aux animaux de se protéger des intempéries et  de disposer d’un endroit prévu pour la ponte, que pour les y enfermer le soir venu, et ainsi les protéger des prédateurs. Cet abris devra être sec, chaud, et aussi grand que possible[3]. L’idéal reste de pouvoir y entrer et s’y tenir debout, afin de faciliter l’entretient. A moins qu’il ne s’agisse plutôt de ces petits abris qu’il est possible d’ouvrir par le toit…

Quoi qu’il en soit, il faut chaque jour nettoyer les mangeoires et les abreuvoirs, et chaque semaine nettoyer complètement le poulailler.

Mais les poules ne procurent pas que des œufs. Elles désherbent le sol, l’aère, et se régalent des œufs et larves des indésirables ; elles fertilisent le potager et le jardin, soit directement, par leurs déjections, en hiver, soit indirectement, par l’enrichissement que leurs déjections apportent au compost ; elles se nourrissent aussi des déchets de cuisines, réduisant ceux-ci avant leur incorporation dans le compost ; elles procurent également des plumes, soit pour les nids des oiseaux, soit pour la fabrication de mouches pour la pêche, …  Elles peuvent même aider à chauffer une serre[4].

A la Pico Ferme, nous avons un coq, Mamour, et cinq poules.
Mamour, notre coq



Les chèvres

Les chèvres (ou plus exactement la chèvre, Arès étant un bouc) nous fournissent du lait, tout au long de l’année. Sauf en période d’allaitement, non qu’Amalthée ne produise plus de lait, mais simplement que nous le laissons aux chevreaux.

Concernant les chèvres aussi, il est important de bien choisir la race que l’on désir accueillir, en tenant compte de l’espace que l’on peut leur offrir, et de la production espérée.

Si l’on habite dans une région où la possibilité existe, la façon la plus naturelle d’élever ses chèvres est encore la stabulation libre en plein air. Les chèvres y disposent d’un grand terrain, correctement clôturé, et en profitant de leur liberté de mouvement. Elles ont, de plus, un bâtiment leur permettant de se protéger des intempéries, ou du soleil.

La stabulation libre en bâtiment consiste à laisser les animaux libres de leurs mouvements, mais à l’intérieur de la chèvrerie. Pas question donc de brouter l’herbe verte, mais cette deuxième méthode permet un meilleur contrôle de l’alimentation des chèvres.

Il existe également la méthode de la stabulation entravée, mais celle-ci n’offre plus la moindre liberté de mouvement aux animaux, puisqu’ils sont attachés.

Dans le cadre de la stabulation libre en bâtiment, il peut être considéré qu’un espace de 2.5m² par chèvre serait suffisant[5]. Une chèvre peut donc s’adapter à de petits espaces.


La chèvrerie doit assurer des conditions d’environnement optimales. L’éclairage, la température, l’hygrométrie et l’aération sont les facteurs à surveiller pour le bien-être du troupeau.

L’éclairage doit être le plus proche possible de l’éclairage naturel. Rien ne vaut la lumière du jour !

La température devrait, idéalement, se situer entre 10 et 15°C. Il est surtout important que la température ne monte pas trop, car cela pourrait favoriser la prolifération de germes dans les litières.

L’hygrométrie doit être, plus rigoureusement encore, contrôlée. La chèvre est sensible à ce facteur, et une humidité trop élevée favorisera l’apparition d’infections bactériennes et de mycoses.

Enfin, une bonne ventilation permettra de renouveler l’atmosphère de la chèvrerie, d’éliminer les poussières, et de réguler hygrométrie et température.

Mangeoires et abreuvoirs doivent être nettoyés quotidiennement, et la chèvrerie sera nettoyée chaque semaine.


Les chèvres fournissent du lait, bien sûr, mais pas seulement. Elles nous aident pour la taille des petits fruitier (les groseilliers n’ont jamais été aussi beaux et productifs que depuis que nous laissons Arès et Amalthée les tailler à l’automne); elles foulent le paillis d’hivers recouvrant le potager, aidant à sa décomposition et à son enfouissement; lors des hivers trop rudes, elles sont abritées dans le jardin d’hivers, ainsi que les poules,  et nous procurent de la chaleur; leur litière, enrichie par leur urine et leurs excréments, nous sert pour le compost ; Arès, en bon mâle protecteur, prévient les intrusions,… Les chèvres ont donc, à nos yeux, tout à fait leur place dans une exploitation en Permaculture.

Concernant la race, nous avons choisi la chèvre Poitevine. Il s’agit d’une chèvre rustique, offrant une bonne production laitière, de caractère calme et docile[6]. 

A l’origine, nous avions une chèvre et un bouc de pure race poitevine, mais le bouc ayant subi « la bêtise humaine », nous avons été obligés de lui trouver un remplaçant en urgence, Amalthée n’ayant jamais été seule. C’est donc Arès, mi-poitevin, mi-chamois, initialement destiné à l’abattoir, qui lui tient compagnie. 
Amalthée


Arès


 Les chats et le chien

En plus de leur présence, de leur affection, les chats et le chien ont aussi une fonction spécifique.

Gaby, le chien de travail de Fred, est la grande gardienne de la Pico Ferme.
Gaby, sur la terrasse


Les chats, quant à eux, nous aident dans la lutte contre les rongeurs. 
Hypolite, buvant dans la bassine faisant office de marre



[1] A. FOURNIER, L’élevage des Poules, éditions Artémis, 2005
[2] idem
[3] A. et G. BRIDGEWATER, Petit manuel à l’usage de ceux qui vivent retirés du monde, éditions Larousse, 2007
[4] B. MOLLISON, Permaculture 2 : Aménagements pratiques à la campagne et en ville, éditions Equilibres, 1993
[5] A FOURNIER, L’élevage des chèvres, éditions Artémis