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mercredi 7 février 2024

DD2.0: Le centre de notre étoile du nord: l'écologie libérale

Peut-on prétendre que l'écologie puisse être libérale ? Cela me paraît une démarche fortement anthropocentrée, la Nature se moquant probablement de nos différentes idéologies. Elle est, voilà tout, et n'a pas besoin d'être autre chose que ce qu'elle est


Mais faisons l'exercice, et commençons par une petite histoire :

Dans un groupe de singes, il y a un individu qui s'est, malheureusement, cassé les dents. De ce fait, il ne parvient plus à s'alimenter correctement, et se retrouve en concurrence accrue avec les autres singes pour l'accès à la nourriture qu'il pourrait encore ingérer. La situation n'est donc pas des meilleures pour lui. Heureusement, la Nature lui laisse la possibilité de développer son plein potentiel. Il lui vient l'idée d'attendrir la nourriture, devenue trop difficile à mâcher, à l'aide d'une pierre, et ainsi de pouvoir s'alimenter correctement. Mieux encore, les autres singes du groupe, voyant cela, s'inspirent de l'exemple de notre malheureux individu, et se mettent, eux aussi, à attendrir leur nourriture, ce qui en facilite la digestion. Finalement, l'individu qui était en position défavorable a pu trouver une solution à son problème, et qui plus est, faire profiter l'ensemble de son groupe d'appartenance des avantages de son ingéniosité. Tout cela, simplement, parce que la Nature lui a laissé la possibilité de développer ce potentiel


Alors de là à dire que la Nature, voire l'écologie, sont libérales, le saut est tentant. Mais posons deux concepts :

L'écologie, c'est l'étude des interactions existant entre les organismes, les individus de toutes espèces, et leur environnement (G. L. MILLER, E. RICKLEFS, Écologie, quatrième édition, De Boeck Université, 2005). Grâce à l'écologie, nous savons que "Tous les organismes vivants sont à la fois dépendants du monde naturel pour leurs besoins fondamentaux en énergie et transformateurs des systèmes naturels dans lesquels ils vivent." (ibidem, p2). Nous comprenons, ainsi, que l'humain vivant dans l'environnement que représente la planète Terre, non seulement dépend de ses ressources pour ses besoins, mais également transforme l'environnement dans lequel il vit

Être libéral, comme expliqué lors de la conférence du Professeur C. de Salle de ce 06 février 2024, c'est être attaché à certaines valeurs. Citons, parmi celles-ci, l'importance des droits individuels, la liberté individuelle et la liberté de poser ses propres choix, mais également la responsabilité d'assumer les conséquences de ses choix.  Vous voulez prendre l'avion ? C'est votre droit le plus strict ! Mais votre responsabilité est de compenser la pollution émise par votre voyage en avion. Nous avions déjà évoqué ces deux fondements du libéralisme dans un autre article "Liberté, Responsabilité, Diversité", article auquel nous vous renvoyons pour de plus amples développements



Alors oui, si on prend le concept de la responsabilité de ses libertés, dire que l'écologie est libérale peut sembler évident. Attention toutefois à ne pas confondre l'écologie et la doctrine écologiste dite "de gauche" qui veut nous imposer des modes de vie bien précis, et, inconsciemment, peut-être, mais dans les faits, restreindre nos libertés individuelles


Nous aurons également compris que chacun de nos choix de consommation, du petit yaourt bio au voyage en avion, a des répercussions sur notre environnement, et dans ce monde globalisé qui est le nôtre, sur la planète entière


Mais finalement, à notre petit niveau d'individu, que pouvons-nous faire pour avoir une empreinte écologique la plus petite possible ?

Commençons par tous les éco-gestes du quotidien. Qu'il s'agisse de manger des aliments issu de l'agriculture biologique, ou du tri de nos déchets, nous en faisons déjà beaucoup. Mais le plus important, me semble-t-il, est de prendre la pleine conscience de l'impact environnemental de chacun de nos gestes, à tous niveaux. Nous pourrons ainsi devenir responsables de notre impact sur notre environnement, et tant choisir les gestes ayant un impact négatif le plus petit possible, que d'être responsabilisés par rapport à nos comportements ayant des effets plus négatifs pour notre planète

Et, non, je ne pense pas que pour cela, nous ayons besoins d'idéologues qui nous disent comment vivre, ce que nous devons et ce que nous ne pouvons pas faire. Je ne pense pas que nous ayons besoin de discours moralisateurs. Je crois que nous avons besoin de plus de scientifiques qui nous expliquent, dans un langage compréhensible, les impacts de chacun de nos gestes. Ainsi, nous pourrons choisir en toute liberté, mais également en toute responsabilité, notre mode de vie. C'est ce que nous avons choisi de faire à la Pico-Ferme, et nous pensons réellement que les idées écologistes devraient être libérales

lundi 27 novembre 2023

Réparer au lieu d'acheter

 Une de nos chaises de la salle à manger a eu le pied dessoudé de l'ensemble de la structure.


Bien évidemment, le plus simple aurait été de racheter une chaise similaire pour remplacer celle abimée. Le seul problème étant que ces chaises s'achètent par lot (ce qui m'en faisait trois de trop), et ont un impact environnemental non négligeable. Je ne voulais pas, pour une chaise qu'il a suffi de déplacer pour qu'elle soit moins utilisée, en racheter quatre. Bonjour l'empreinte écologique !


Heureusement, mon tendre époux ayant de l'or dans les doigts, il a pu trouver une solution pour réparer cette chaise. J'aurais préféré une bonne soudure, mais le métal est trop fin et nous aurions plus probablement fait fondre le tout. Donc, on oublie la soudure, et on passe aux équerres, aux boulons et aux écrous.


Avant la mise en peinture


lundi 26 juin 2023

DD 2.0: l'écologie

 Qu'est-ce que l'écologie ? Quelle est cette dernière pointe de l'Étoile du Nord de la Pico-Ferme ?

Une définition qui me plaît est celle du site "youmatter" et qui est la suivante :

 "L’écologie, au sens premier du terme, est une science dont l’objet est l’étude des interactions des êtres vivants (la biodiversité) avec leur environnement et entre eux au sein de cet environnement (l’ensemble étant désigné par le terme « écosystème »).

Par extension, l’écologie désigne également un courant de pensée (l’écologisme ou écologie politique) qui s’incarne dans diverses familles dont l’objectif commun est d’intégrer les enjeux environnementaux à l’organisation sociale, économique et politique." (https://youmatter.world/fr/definition/ecologie-definition/#:~:text=L'%C3%A9cologie%2C%20au%20sens%20premier,le%20terme%20%C2%AB%20%C3%A9cosyst%C3%A8me%20%C2%BB).


Si l'écologie est devenue affaire de politique, elle est avant-tout affaire de compréhension des interactions entre les populations, entre les individus et leur environnement. 

Et, là, tout se complique pour les humains que nous sommes. Contrairement à ce que certains voudraient croire, nous faisons partie intégrante de l'environnement dans lequel nous évoluons. La moindre de nos petites actions entre en interaction avec nos semblables et avec l'environnement qui nous entourent. Autrement dit, si nous voulons vraiment être écologiques au sens du mode de vie que cela représente, nous devons, avant tout, être écologiques au sens scientifique du terme.

Par exemple, avoir ses propres poules peut, à première vue, sembler très écologique : elles mangent nos déchets de légumes, et nous fournissent des œufs frais. Mais la nourriture que nous leur donnons et le foin que nous mettons à leur disposition sont-ils d'origine biologique ? Avoir un potager parait très bien et procure beaucoup de plaisir... Mais, utilisons-nous des intrants chimiques pour nos cultures ? Et pour les arbres fruitiers, quel genre de traitements utilisons-nous ?

Qu'en est-il de notre alimentation ? Est-elle fortement carnée ou plutôt végane ? les aliments sont-ils d'origine biologique ?

Nos vêtements, sont-ils écoresponsables ? S'il s'agit de vêtements issus de l'ultra fast fashion, vous pouvez imaginer l'impact sur notre planète et sur tous ses habitants, humains y compris

Quid du mode de chauffage de nos foyers, de toutes les facilités de la vie moderne, de nos moyens de déplacements, etc ?

On le voit, la question n'est pas simple


Permettez-moi de vous rassurer : à la Pico-Ferme, toutes ces questions sont posées à tout instant, pour le moindre de nos faits et gestes, c'est devenu une habitude. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous tâchons de tendre au maximum vers une empreinte écologique la plus neutre possible, voire, même, d'avoir une empreinte écologique favorable pour notre environnement

jeudi 19 janvier 2017

The food waste iceberg - FAO video


Voilà pourquoi nos poules récupèrent les restes de légumes, nos chats et le chien les restes divers, et pourquoi ce qui peut être composté l'est..


La nourriture gaspillée est aussi un énorme gaspillage de diverses ressources, et pas seulement de nourriture!










mercredi 17 juillet 2013

Pourquoi la Pico Ferme?

Pourquoi  la Pico Ferme ? Ou, plus exactement, pourquoi, alors que nous vivons en ville, avec toutes les facilités que cela représente, et que nous sommes fort contents de pouvoir utiliser, ne serait-ce que pour les transports en commun, ou les loisirs, et bien entendu les courses, pourquoi donc vouloir produire soi-même la plus grande partie possible de son alimentation ?


Comme expliqué dans notre article « Première présentation », la réponse repose sur deux piliers :

1)  La volonté d’être le plus indépendant possible par rapport à un système d’approvisionnement qui est toujours susceptible de se rompre,

2)  Le désir de limiter au maximum notre empreinte écologique, et la prise de conscience que le mode de production alimentaire occidental classique participe fortement à la détérioration de notre environnement.


Hé oui ! Notre production alimentaire, notre modèle de « Révolution Verte », basé sur l’homogénéité végétale, ou le fait de cultiver des variétés végétales génétiquement uniformes, complété par les engrais et les herbicides, a malheureusement eu des effets extrêmement négatifs sur notre environnement.  Citons, par exemple, la dégradation des terres, le déboisement, la surexploitation des nappes aquifères, la pollution des eaux, les gaz à effet de serre, la perte de biodiversité …

De plus, même si la « Révolution Verte » a permis une augmentation spectaculaire de la quantité d’aliments produit, les pertes et gaspillage de ces aliments sont tels qu’au moins 1/3 de la production n’est pas consommée.[1]

Et ces pertes et gaspillages se retrouvent à tous les niveaux, tant au moment de la production, que de la transformation, que de la vente, et même au niveau du consommateur final.[2]

De plus, toutes les ressources naturelles qui ont été utilisées pour produire, transporter, transformer et conserver ce 1/3 des aliments ainsi gaspillés, ont été utilisées en vain, avec l’empreinte écologique que cela représente.

Face à ce constat, nous nous sommes posé la question « Que faire ? » Et la réponse fut trouvée aussitôt : produire nous-même un maximum de ce que nous mangeons, afin et d’être le plus indépendant possible, et de participer le moins possible aux dégradations causée à notre environnement par le mode de production alimentaire occidental.

Evidemment, la première idée consista à partir vivre à la campagne, pour avoir la possibilité d’avoir notre petite ferme, même si ce n’était que pour notre production et notre consommation personnelle, sans but commercial aucun.

Nous nous sommes vite rendu compte que cela poserait d’énormes difficultés, ne serait-ce que par rapport aux moyens de transport pour les trajets domicile-travail. Nous avions beau faire, il nous fallait directement 2 voitures.

Nous avons donc décidé de rester en ville. Après-tout, en Belgique, plus de 90% de la population est considérée comme urbaine[3], et dans le monde, plus de 50% de la population vit dans des villes[4]. Et cette proportion augmentera encore dans les années à venir[5]. Nous avons donc choisi de rester en milieu urbain, et de produire la plus grande part de notre alimentation dans le petit jardin de notre maison de ville.

Encore fallait-il savoir ce que nous pouvions faire ! Si un potager et quelques petits fruitiers ne semblent pas devoir être problématiques, pour les arbres, les poules et les chèvres, il se peut que des législations spécifiques existent.

Renseignements pris, nous avons la chance de n’avoir d’autres contraintes que certaines distances par rapport aux propriétés des voisins, le respect du bien-être des animaux (Oui, il s’agit de textes législatifs, et c’est  tant mieux !), et la possession d’un numéro de troupeau pour les chèvres.

Et nous voilà avec la Pico Ferme !

« Quid des résultats ? » nous demanderez-vous. Eh bien, reprenons…

Concernant la dégradation des sols, nous luttons contre ce problème grâce à notre compost. Nous avons suivi une formation de guide composteur, et la plupart des gens savent maintenant que la création et l’utilisation du compost permet de favoriser la régénération et la bonne santé des sols.

Concernant le déboisement, certes notre terrain est trop petit pour planter une forêt, mais nous plantons autant d’arbres que possible, et le bois d’œuvre utilisé est issu prioritairement de la récupération, et à défaut, de forêt gérées durablement.

Concernant l’exploitation des eaux souterraines, nous avons déjà installé des bidons de récupération d’eau de pluie, et nous espérons pouvoir, un jour, placer une citerne de 10m³. Ce qui signifiera : plus  de ponction dans les nappes aquifères pour le jardin.

Concernant la pollution des eaux, et concernant l’exploitation des ressources naturelles nécessaires à la fabrication des produits phytosanitaires, en fait, nous n’utilisons pas ces produits. En cas de nécessité, les décoctions de plantes de fabrication personnelle fonctionnent très bien, sans l’empreinte écologique des produits chimiques.

Concernant la biodiversité, nous utilisons des semences de variétés anciennes, le plus locales possible, et nous produisons nous-même une partie de nos graines. De plus, nous mettons en place diverses actions pour favoriser la biodiversité animale, telles que : jardin fleuri, hôtels à insectes, …

Concernant les gaz à effet de serre, lors de la production, du transport, de la transformation, et de la conservation des aliments, déjà nous n’utilisons pas d’engin motorisés, donc pas de pétrole, certainement pas pour transporter les récoltes sur les 30 mètres qui séparent la cuisine du fond du jardin ; nous cuisinons presque exclusivement au bois, et nous conservons principalement les aliments grâce à la stérilisation que nous effectuons, elle aussi,  au bois.

Et enfin, concernant le gaspillage d’aliments, à toutes étapes de la chaîne production – consommation,  nous pensons sincèrement que cela n’existe quasiment pas chez nous. En effet, même si quelques pertes sont toujours possibles,  ce qui est produit est consommé, si pas par nous, par les animaux, et, dans le pire des cas, ce qui n’est pas consommé, même par les animaux, est utilisé pour la fabrication du compost.  Certes, dans ce cas, ce n’est plus une consommation alimentaire, mais cela ne finit pas non plus dans les poubelles.

Et puis, à ces résultats pratiquo-pratiques, il est une autre dimension qu’il nous faut ajouter. C’est la dimension du plaisir de cultiver notre jardin, et de profiter d’une alimentation saine, produite par nos soins.